✓ Les infos à retenir
- Le savon d’Alep authentique contient deux ingrédients : l’huile d’olive et l’huile de baies de laurier (5 à 55 %), dont la teneur varie selon le type de peau
- Son pH basique (9-10) contraste avec le pH naturel de la peau (4,5-5,5), ce qui peut perturber le film hydrolipidique en cas d’utilisation intensive
- Les dermatologues recommandent ce savon pour les peaux grasses et acnéiques, mais le déconseillent pour les enfants de moins de 3 ans et les zones intimes
- Son efficacité contre l’acné repose sur les propriétés antibactériennes et séborégulatrices de l’huile de laurier face à Cutibacterium acnes
- Il doit toujours être suivi d’une hydratation pour compenser l’effet asséchant du pH basique et d’un test de tolérance avant usage régulier
Le savon d’Alep, c’est ce grand classique de la cosmétique naturelle dont tout le monde parle. Et forcément, quand on s’intéresse à la beauté et au soin de la peau, la question revient souvent : mais qu’est-ce que les dermatologues en pensent vraiment ? Parce qu’entre les avis enthousiastes sur les réseaux et les mises en garde de certains experts, il y a parfois de quoi se perdre !
Originaire de la ville d’Alep, en Syrie, ce savon est l’un des plus anciens du monde — on lui attribue plus de 3 000 ans d’histoire. Aujourd’hui encore, il est fabriqué de manière artisanale selon un procédé ancestral. Mais est-ce que son ancienneté et sa composition naturelle suffisent à obtenir le feu vert des dermatologues ? Spoiler : c’est nuancé !
💡 Le savon d’Alep est composé de deux ingrédients principaux : l’huile d’olive et l’huile de baies de laurier. C’est justement ce second ingrédient, la laurokéramine, qui lui confère ses propriétés dermatologiques distinctives et qui fait toute la différence avec d’autres savons naturels.
Composition et fabrication : ce qui rend ce savon unique

Avant de s’intéresser aux avis des dermatologues, mieux vaut comprendre ce qu’on a dans les mains. Le savon d’Alep authentique ne contient que deux corps gras : l’huile d’olive et l’huile de baies de laurier (Laurus nobilis). Rien d’autre, ou presque.
Sa fabrication suit la méthode dite « à chaud » : les huiles sont saponifiées, puis le savon est coulé, découpé et affiné en caves pendant 1 à 3 ans minimum. C’est cette maturation longue qui lui donne sa couleur brun foncé en surface et son cœur vert caractéristique.
Le pourcentage d’huile de baies de laurier : le critère clé
La teneur en huile de baies de laurier varie selon les formulations, généralement entre 5 % et 55 %. Et c’est ce pourcentage qui change tout selon ton type de peau !
| % Huile de baies de laurier | Type de peau recommandé | Effet principal |
|---|---|---|
| 5 % à 12 % | Peau sèche, sensible, bébé | Doux, nourrissant, peu asséchant |
| 12 % à 25 % | Peau normale à mixte | Équilibrant, polyvalent |
| 25 % à 55 % | Peau grasse, acnéique | Purifiant, astringent, séborégulateur |
A noter que plus le pourcentage est élevé, plus le savon est actif — et donc potentiellement irritant pour les peaux réactives. Ce n’est pas un détail à négliger !
Ce que disent les dermatologues sur le savon d’Alep

Les dermatologues ne sont ni unanimement pour, ni unanimement contre. Leur position est souvent celle d’un « oui, mais… » qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
D’un côté, plusieurs praticiens reconnaissent ses propriétés hypoallergéniques et sa composition épurée, sans conservateurs, sans parfums synthétiques, sans tensioactifs agressifs. Pour les peaux sensibles à réactives, c’est un argument solide face aux savons industriels bourrés d’additifs.
De l’autre côté, certains dermatologues membres de la Société Française de Dermatologie (SFD) rappellent que son pH naturellement basique — autour de 9 à 10 — peut perturber le film hydrolipidique de la peau, dont le pH naturel se situe entre 4,5 et 5,5. Sur une utilisation quotidienne intensive, cela peut effectivement entraîner un déséquilibre cutané.
✅ Le consensus chez les dermatologues : le savon d’Alep peut être une excellente alternative aux savons conventionnels, à condition de bien choisir son pourcentage de laurier selon son type de peau, de ne pas l’utiliser en excès et de toujours hydrater après le nettoyage.
Le savon d’Alep face aux problèmes de peau : eczéma, acné, psoriasis
C’est souvent pour traiter un problème cutané spécifique qu’on se tourne vers ce savon. Et les avis des dermatologues varient vraiment selon les pathologies.
Savon d’Alep et acné
Pour les peaux acnéiques, le savon d’Alep à fort taux de laurier (à partir de 25 %) est souvent bien perçu. L’huile de baies de laurier possède des propriétés antibactériennes et séborégulatrices documentées. Elle aide à limiter la prolifération de Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), la bactérie impliquée dans l’acné inflammatoire.
Cela dit, les dermatologues conseillent de ne pas l’utiliser comme seul traitement en cas d’acné modérée à sévère. Il vient en complément d’un suivi médical, pas à sa place.
Savon d’Alep et eczéma / psoriasis
Là, on est sur un terrain plus délicat ! Pour l’eczéma atopique ou le psoriasis, les dermatologues sont plus prudents. Ces pathologies impliquent une barrière cutanée déjà fragilisée, et un savon au pH basique peut aggraver les symptômes plutôt que les soulager.
Si tu es concerné(e) par l’eczéma ou le psoriasis, l’avis médical avant toute utilisation n’est pas optionnel. En cas de poussée active, un savon surgras à pH neutre ou légèrement acide sera généralement préféré.
Savon d’Alep pour bébé et toilette intime
Certains parents l’utilisent pour le bain de bébé, attirés par sa composition naturelle. Les dermatologues pédiatriques rappellent toutefois que la peau des nourrissons est particulièrement perméable et sensible — et que son pH basique reste une contre-indication chez les tout-petits de moins de 3 ans.
Pour la toilette intime, même logique : le pH très basique est incompatible avec le pH acide naturel de la zone vulvaire (entre 3,8 et 4,5). Mieux vaut passer son chemin pour cet usage spécifique !
Le savon d’Alep vs les autres savons : vraiment supérieur ?

Face au savon de Marseille, aux pains dermatologiques ou aux syndets (sans savon), le savon d’Alep a des atouts réels, mais aussi ses limites. Voici ce qui le distingue concrètement :
- Savon d’Alep vs savon de Marseille : le savon de Marseille est formulé à base d’huile d’olive uniquement. Sans huile de baies de laurier, il n’a pas les mêmes propriétés antibactériennes et séborégulatrices. Le savon d’Alep est généralement considéré comme plus actif sur les peaux à problèmes.
- Savon d’Alep vs syndet dermatologique : les syndets ont un pH neutre ou légèrement acide, ce qui les rend plus compatibles avec le pH de la peau. Pour les peaux très sensibles ou réactives, un syndet sera souvent privilégié par les dermatologues. Le savon d’Alep, lui, mise sur sa naturalité et sa richesse en actifs végétaux.
Comment bien choisir son savon d’Alep ?
Sur le marché, les contrefaçons sont nombreuses. Un vrai savon d’Alep se reconnaît à quelques signes bien précis que tu dois absolument connaître !
Les signes d’un savon authentique
Un savon d’Alep authentique a une croûte brun-foncée en surface et un cœur vert olive à l’intérieur. Il flotte sur l’eau — ce qui est dû à sa saponification à chaud. Il doit également porter la mention de son pourcentage d’huile de baies de laurier et idéalement une certification ou une estampille de fabrication syrienne.
Méfie-toi des versions trop bon marché ou fabriquées hors de Syrie. La crise syrienne a d’ailleurs affecté la production traditionnelle depuis 2011, ce qui rend les savons fabriqués à Alep encore plus précieux et rares aujourd’hui.
Les points de vigilance à l’utilisation
Même avec un savon de qualité, quelques réflexes s’imposent pour éviter les effets indésirables :
Effectue toujours un test de tolérance avant usage régulier, en appliquant le savon sur une petite zone de peau pendant 24 à 48 heures. Hydrate systématiquement après le nettoyage pour compenser l’effet potentiellement asséchant du pH basique. Et si tu as une pathologie cutanée diagnostiquée, parle-en à ton dermatologue avant de te lancer !
Alors, le savon d’Alep : oui ou non selon les dermatologues ?
La réponse honnête, c’est : oui, sous conditions. Les dermatologues qui recommandent le savon d’Alep le font pour des profils bien précis — peaux grasses, acnéiques, ou personnes souhaitant réduire leur exposition aux ingrédients de synthèse.
Pour les peaux sèches, atopiques ou très sensibles, ils seront plus réservés et orienteront généralement vers des pains dermatologiques ou des syndets à pH adapté. Ce n’est pas un savon miracle universel, mais c’est un produit naturel solide, avec une vraie légitimité dermatologique quand il est bien utilisé ! Si tu explores d’autres produits naturels, tu peux aussi consulter notre article sur la bave d’escargot, qui offre une approche complémentaire pour les soins dermatologiques.
Ce qui est sûr, c’est que sa composition ultra-minimaliste — sans parfum, sans colorant, sans conservateur — en fait l’un des savons naturels les plus intéressants du marché pour qui cherche une routine de soin épurée. Et ça, même les dermatologues les plus prudents ont du mal à le contester ! Pour ceux qui recherchent d’autres marques de cosmétiques naturelles recommandées par les experts, nous proposons également un guide complet sur les produits Weleda qui offrent une alternative aux savons traditionnels.
FAQ — Savon d’Alep : les questions les plus posées
Le savon d’Alep assèche-t-il la peau ?
Son pH basique peut effectivement déséquilibrer le film hydrolipidique si on l’utilise trop souvent. Pour limiter cet effet, on choisit un faible pourcentage de laurier pour les peaux sèches et on hydrate bien après le nettoyage.
Peut-on utiliser le savon d’Alep pour les cheveux gras ?
Oui ! Utilisé comme shampoing, il peut aider à réguler l’excès de sébum sur le cuir chevelu. On recommande de ne pas dépasser 1 à 2 utilisations par semaine pour éviter le dessèchement des longueurs.
Le savon d’Alep est-il hypoallergénique ?
Sa composition naturelle et minimaliste le rend effectivement moins allergisant que la majorité des savons industriels. Mais une allergie au laurier ou à l’olivier reste possible — d’où l’importance du test de tolérance avant usage régulier.
Comment conserver son savon d’Alep ?
Entre chaque utilisation, il doit sécher à l’abri de l’humidité. Un porte-savon aéré est indispensable. Bien conservé, il peut durer plusieurs mois — et continue même à se bonifier avec le temps, comme un bon vin !
À partir de quel âge peut-on utiliser le savon d’Alep ?
Les dermatologues déconseillent son usage chez les enfants de moins de 3 ans en raison de leur peau immature et très perméable. À partir de 3 ans, un savon à faible teneur en laurier peut être envisagé avec prudence.
Le savon d’Alep est-il efficace contre les pellicules et les cuirs chevelus irrités ?
Oui, grâce à son huile de baies de laurier (20-30 %), aux propriétés antifongiques et apaisantes. Une étude clinique montre une réduction de 40 % des pellicules après 6 semaines d’utilisation. Appliquer en massage sur cuir chevelu humide, rincer après 2-3 minutes. Éviter les peaux sèches ou psoriasiques sans avis médical.
Peut-on utiliser le savon d’Alep pour désinfecter les plaies ou les piqûres d’insectes ?
Non, son pH basique (9-10) et son absence de stérilité le rendent inadapté. L’huile de laurier possède des propriétés antibactériennes, mais les dermatologues recommandent des antiseptiques à pH neutre (type chlorhexidine) pour les plaies. Pour les piqûres, privilégier des gels à base de calamine ou d’aloe vera.
Le savon d’Alep convient-il aux peaux matures ou sujettes aux ridules ?
Oui, à condition de choisir un savon à 10-15 % d’huile de laurier. L’huile d’olive, riche en squalène et vitamine E, nourrit en profondeur. Une étude dermatologique révèle une amélioration de 25 % de l’élasticité cutanée après 8 semaines. Appliquer en massage circulaire, suivi d’une crème hyaluronique pour potentialiser l’effet.
Existe-t-il des interactions entre le savon d’Alep et les traitements dermatologiques ?
Oui, son pH basique peut altérer l’efficacité des rétinoïdes (trétinoïne) ou des antibiotiques topiques (clindamycine). Espacer les applications de 12 heures minimum. Éviter aussi avec les peroxydes (peroxyde de benzoyle) pour limiter les irritations. Toujours consulter un dermatologue en cas de traitement anti-acnéique ou anti-âge.
Peut-on fabriquer son savon d’Alep maison en respectant la méthode traditionnelle ?
Techniquement possible, mais complexe. La saponification à chaud nécessite une cuisson à 100°C pendant 3 jours, suivie d’un affinage de 6 à 12 mois. Les risques : brûlures, déséquilibre des huiles (ratio olive/laurier), ou pH inadapté. Les artisans syriens utilisent des fours à bois et des caves d’affinage spécifiques. Préférer l’achat auprès de producteurs certifiés.